Le cours de la Seine avant les premiers aménagements

Le cours de la Seine avant les premiers aménagements du fleuve, dont le barrage d’Anet situé au Mesnil de Poses en 1850, était un fleuve « sauvage », et le célèbre Pertuis de Poses était une difficulté majeure à franchir par les bateliers. A titre d’illustration et sur environ 3 km, la pente de la ligne d’eau était de 1,30 mètre. A cette époque, le cours d’eau était navigable que 6 mois par an : les crues hivernales conduisaient à des courants terribles, et l’étiages estivaux entraînaient des hauteurs d’eau insuffisantes pour naviguer. C’est sur ce site que le barrage actuel que l’on connaît sera bâti en 1885. Ce Pertuis fut très sommairement aménagé « de perets », d’amas de pierres afin de contenir le flot en garantissant une certaine hauteur d’eau. Ces aménagements étaient probablement détruits à passage de chaque crue.

Ce Pertuis pouvait probablement ressembler à cela, un lit comportant de multiples bancs de sables et graviers, à l’image de la Loire actuelle :

En effet, selon une notice explicative titrée « La Seine au début du XIXe siècle » étayées sur les rapports édités sous la convention nationale de 1894, les conditions de navigation sur la Seine au début du XIXe siècle étaient les suivantes :

« La rivière libre (pas de barrage, pas d’écluses) offrait à l’étiage (basses eaux d’été) un mouillage (profondeur) de 0,80 m par endroit entre Pais et Rouen entravant beaucoup ma navigation pendant plusieurs semaines voire plusieurs mois par an.

A l’étiage, entre poses et Saint-Aubin-lès-Elbeuf, le fleuve avait comme pente moyenne 0,15 m/km. Parois, cette pente était portée à 0,28 voire 0,89 m/km au voisinage de Pont-de-l’Arche où heureusement une écluse avait été créée sur la rive droite, côté Igoville en 1812.

Dans ces conditions, avec une telle pente, la navigation était difficile : le flot se faisait sentir à Elbeuf ou le marnage était de 1 m à 1,40 m, exceptionnellement jusqu’à l’embouchure de l’Oison. Le courant était tel que la marée, malgré l’absence de barrage, était pratiquement nulle à Poses : de 0,08 à 0,10 m (les travaux des aménagement du barrage à Poses puis de recalibrage de la Seine et sa chenalisation dans les années 1930 (rectification du cours, dragages de nombreuses îles…), en aval du barrage et jusqu’Elbeuf notamment, modifieront sensiblement cette configuration, puisque la marée se fait désormais sentir jusqu’au pied du barrage).

Par ailleurs, en d’autres endroits, appelés Pertuis ou Passages, le courant très violent posait encore d’autres problèmes quasi permanents :

Le Pertuis de Poses était avec celui de Vernon, le plus difficile de la Seine. Il s’agissait de passage rétréci par des pieux ou des perrés afin de maintenir un certain niveau d’eau et où le courant était excessif.

A Poses, deux endroits peuvent être considérés comme des pertuis :

  • Pertuis au niveau de l’embouchure de l’Andelle avec 18 cm de différence de niveau sur 80 m ;
  • Pertuis en aval du Mesnil de Poses, avec 2 cm sur 40 m.

A cette époque de halage, afin de franchir ces passages, on devait augmenter le nombre de chevaux et le nombre d’hommes : pour un gros bateau, il faillait un renfort de 24 à 46 chevaux en plus des très nombreux hommes. A Poses, 450 hommes étaient utilisés pour le franchissement du Pertuis. »

En plus de ces énormes difficultés, ce passage coûtait cher aux mariniers en paiement de chevaux, du chef de pertuis, des aides… et des droits de pertuis.

C’est pourquoi, les pouvoirs publics essayèrent de réagir à cet état de fait : en plus de ces énormes difficultés, sous la Convention Nationale en 1894 d’abord.


D’ailleurs, le « Plan général et géométrique de la paroisse de Saint-Quentin de Poses, membre faisant partie de la Chatellenie du Vaudreuil et Léry fait et dressé de réquisition de Monsieur le Président Portail en l’année M. DCC. LVII » (plan de 1748 révisé en 1757, exposé en Mairie) apporte une vision fort intéressante.
Il montre d’avantage d’îles dans le secteur du barrage actuel avec l’Ile de la Mouchouette (en travers de laquelle sera implanté le barrage actuel datant de 1885), l’île des Noyers, les Graviers de Poses, l’île Gravelet, l’île Lay…


Au début du XIXe siècle, comme le montre le Plan d’Etat Major de 1834, le cours naturel de la Seine présentait donc de multiples îles tout particulièrement dans le secteur de Poses, mais aussi en aval jusqu’Elbeuf et au-delà. Ces îles étaient « mouvantes », se déplaçaient sous les effets réguliers de l’érosion et des dépôts. Certaines se sont réunies naturellement pour l’effet de l’homme, comme le montre la carte avec une île du Trait ou l’île de la Motelle composée de multiples morceaux dont la toponymie est d’ailleurs restée pour partie : Ile du Noyer, Ile du Frêne, Ile de la Motelle… en composant qu’une.

En aval de Poses, le cours de la Seine était élargi avec un second bras en eau régulièrement prenant naissance dans le Renel puis traversant le camping de l’Ile Adeline et le golf, et dessinant d’amont en aval de Poses : l’île Prout, l’île Adeline, l’île aux Bœufs, l’Ile Ortieux…

A cette époque, l’Andelle rejoignait la Seine en aval immédiat du site des écluses actuelles, et l’Eure se jetait aux Damps dans la Seine, et c’est elle qui longeait ce village comme à Pont-de-l’Arche, et ce, jusqu’à Martot à l’aval.

Les aménagements des cours d’eau aux cours de la deuxième moitié du XIXe siècle et au XXe « domestiqueront » la Seine, dévieront l’Eure (années 1930-1932) pour la rendre navigable depuis Pont-de-l’Arche jusque Louviers , via une écluse et un déversoir, supprimeront des îles et recalibreront le cours de la Seine en aval du barrage actuel. Dans des temps bien plus anciens, le cours de l’Eure rejoignait celui de la Seine dans le secteur de Port Pinché, bien en amont.

Emplacement 61 chemin de halage - 27740 Poses Téléphone Réservations au 07 85 65 77 58 ou 02 32 61 02 13 E-mail batelleriedeposes@gmail.com Heures Ouvert du 1er mars au 31 octobre du mardi au samedi de 14h00 à 18h00. Sur réservation pour les groupes de plus de 10 personnes du 1er mars au 31 octobre. Nous contacter pour plus de renseignements. Copyright © 2019 - Association des Anciens et Amis de la Batellerie
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