Henri Labrouche, né en 1891 à Saubion dans les Landes, entreprend une carrière de marin au long cours vers les Amériques du Sud depuis le sud-ouest sa terre de naissance. Mécano dans une vedette du port de Rouen, mécano sur l’Elan. Il se marie en 1930 à Berthe Dorival logeant sur une péniche. Il travaille sur le toueur de Demange-aux-Eaux sur le canal de l’Est, puis arrive à Poses, et pose ses valises en 1932 dans l’Ile d’Amfreville. Hubert Labrouche naîtra ici en 1937.
Il vivra tout le reste de sa vie entre le barrage et les écluses en tant que chef électromécanicien des ouvrages. L’époque de la guerre sera dure pour lui et sa famille, et pour remettre en état les ouvrages sous les assauts des bombardements jusqu’à la fin de la guerre (vannes, hydraulique, électricité…). Pendant la guerre l’occupant avait réquisitionné la voie d’eau, pour alimenter le vaste projet du mur de l’Atlantique, et le trafic fluvial était vital pour les Allemands.
Il quittera au début de l’été 1944 avec sa famille son logement de fonction dans l’île devenu trop dangereux à la merci du feu des bombardements alliés et gagnera un logement réquisitionné à deux pas du carrefour de la rue des masures avec la rue du bac, rue qui verra passer en 5 jours à la fin du mois d’août 16 000 véhicules allemands et 100 000 soldats en déroute traverser la Seine sur le pont flottant bâti à la hâte au bout de la rue du Bac.
Il (le personnage couvert de sa casquette des P&C) sera entouré de personnages qui parlent à la mémoire de tous. La photo suivante illustre des réparations d’après guerre sur la passe 1 du barrage, durement touchée à la débâcle des Allemands en août 1944.

Il sera «mis à l’honneur» après la guerre avec ses collègues Bachelet, Manach, Letourneur, Jacquinot, Papeil, Sébastien, Manchon, Mourin, Desbaptiste, Rousselet, Fortier, Benoist, Dubois, Maurel et Sauvageot, sous la conduite de l’ingénieur Courtois pour leur dévouement à tenir les ouvrages opérationnels pendant toute la guerre sous la contrainte des occupants. Monsieur Courtois sera nommé Maire de Poses par le Préfet en 1940, le restera jusqu’en 1959.
Il mourra peu de temps après la guerre, et repose avec son père Marcelin, venu de Soorts-Hossegor finir sa vie ici près de lui, dans l’un des plus « jolis cimetières » que l’on connaît ici : celui d’Amfreville-sous-les-Monts.

Sa compagne veuve sera logée dans une maison « provisoire » de bois, mise à disposition par Monsieur Courtois, qu’elle quittera en 1960 pour rejoindre la rive gauche, et le village de Poses.
