Le cours de la Seine connaîtra ses premiers aménagements d’envergure, dont le barrage d’Anet situé au Mesnil de Poses en 1850.
Auparavant, les aménagements concernaient essentiellement semble-t-il, le pertuis de Poses dont des aménagements sommaires permettaient de canaliser un peu les écoulements en garantissant une certaine hauteur d’eau pour la navigation.
Au début du XIXe siècle, le cours naturel de la Seine présentait de multiples îles tout particulièrement dans le secteur de Poses, mais aussi en aval jusqu’Elbeuf et au-delà. Ces îles étaient « mouvantes », se déplaçaient sous les effets réguliers de l’érosion et des dépôts. Certaines se sont réunies naturellement pour l’effet de l’homme, comme le montre la Carte d’Etat Major de 1834 avec une île du Trait ou l’île de la Motelle composée de multiples morceaux dont la toponymie est d’ailleurs restée pour partie : Ile du Noyer, Ile du Frêne, Ile de la Motelle… en composant qu’une. En aval de Poses, le cours de la Seine était élargi avec un second bras en eau régulièrement prenant naissance dans le Renel puis traversant le camping de l’Ile Adeline et le golf, et dessinant d’amont en aval de Poses : l’île Prout (!), l’île Adeline, l’île aux Bœufs, l’Ile Ortieux…

Le « Plan général et géométrique de la paroisse de Saint-Quentin de Poses, membre faisant partie de la Chatellenie du Vaudreuil et Léry fait et dressé de réquisition de Monsieur le Président Portail en l’année M. DCC. LVII » (plan de 1748 révisé en 1757, exposé en Mairie apporte une vision fort intéressante. Il montre d’avantage d’îles dans le secteur du barrage actuel avec l’Ile de la Mouchouette (en travers de laquelle sera implanté le barrage), l’île des Noyers, les Graviers de Poses, l’île Gravelet, l’île Lay…

A cette époque, l’Andelle rejoignait la Seine en aval immédiat du site des écluses actuelles, et l’Eure se jetait aux Damps dans la Seine, et c’est elle qui longeait ce village comme Pont-de-l’Arche jusqu’à Martot à l’aval.
Les aménagements des cours d’eau aux cours de la deuxième moitié du XIXe siècle et au XXe siècle « domestiqueront » la Seine, dévieront l’Eure pour la rendre navigable depuis Pont-de-l’Arche jusque Louviers, via une écluse et un déversoir, supprimeront des îles et recalibreront le cours de la Seine en aval du barrage actuel.
