L’église Saint-Quentin

L’église de Poses a été bâtie en arrière du village dont elle est isolée. Elle est placée sur le point culminant de la commune, à l’abri des inondations du fleuve. C’était d’ailleurs également le cas des autres églises de la boucle de Poses, Saint-Saturnin de Tournedos et Sainte-Cécile de Portejoie aujourd’hui disparues, et placées sur un ressaut de la plaine en arrière du fleuve.

Loin du village, entourée de quelques maisons du quartier de la Vigne, elle s’érigeait à la lisière des bois de la Plaine de Poses. Et pour se rendre à l’église, les habitants du Bout-de-Bas, du centre du village empruntaient « la Grand Voie », actuelle rue des Ecoles, chemin herbeux et plein d’ornières, et fort loin, se profilait l’église aux confins des bois et de la plaine. Elle inscrite au titre des Monuments Historiques en vertu de sa richesse patrimoniale.

Vue aérienne de l’Eglise Saint-Quentin de Poses

Edifiée sans doute à l’emplacement d’une chapelle plus ancienne, l’église Saint-Quentin témoigne de la longue tradition batelière du village dont l’origine remonte au moins à l’an 700.

La construction de l’église du XIIe au XVIe siècles mais son équilibre architectural est remarquable. Elle est d’ailleurs inscrite à l’inventaire des Monuments Historiques par arrêté du 18 juin 1954.

Source : Musée du Patrimoine

Voici les plans des façades de l’église :

Le mobilier de l’église est tout à fait intéressant : bénitier décoré du XVIe siècle, deux contres-tables en bois du début du XVIe siècle, confessionnal renaissance de type flamand… Une importante du mobilier, dont le statuaire en grande partie du XVIe siècle, est d’ailleurs classé.

Au début du XXe siècle, l’église fut donnée par Richard II, Duc de Normandie aux religieux de Fécamp. Richard III Coeur de Lion en fit don vers 1198 à l’abbaye Saint-Ouen de Rouen.

Sa nef, partie la plus ancienne, date du XIIe siècle et les fenêtres dans les murs de la nef sont les vestiges de cette époque. La tour-clocher date du quatrième quart du XVe siècle. Le choeur et la chapelle sud ont été édifiées au XVIe siècle. Le porche à tribune a été construit en 1879.

Le mobilier de l’église est tout à fait intéressant : Bénitier décoré du XVIe siècle, deux contre-tables en bois du début du XVe siècle, confessionnal Renaissance de type flamand.
Le statuaire date en grande partie du XVIe siècle.

Le plan de l’inventaire de l’église est présenté ci-après.

L’église du village est dédiée à Saint-Quentin. Selon la bibliographie : « Quentin (en latin Quintinus) aurait été un apôtre originaire de Rome, envoyé en Gaule du Nord, dans le courant de la seconde moitié du IIIe siècle, pour l’évangéliser. Il aurait été martyrisé sous le règne des empereurs romains Dioclétien et Maximien. Il est reconnu saint par l’Église catholique. »

La statue du Martyre de Saint-Quentin datant du XVe siècle surmonte le retable droit à l’extrémité de la nef.

Statue du Martyre de Saint-Quentin

Le retable gauche accueillent une statue de la Vierge à l’enfant en bois polychrome du XVIe siècle.

Vierge à l’Enfant

L’église est aussi fortement empreinte de la batellerie locale.

Plusieurs particularités témoignent de cette empreinte batelière : statue de Saint-Nicolas, vitrail de Saint-Adjutor saint des Bateliers, Christ sur sa croix en forme d’ancre de marine, ex-voto avec une maquette de remorqueur dans la chapelle dite « des mariniers », graphittis anciens de bateaux sur les murs…

Statue de Saint-Nicolas en pierre polychrome

Lors des noyades dans le fleuve, les habitants riverains invoquaient souvent « Saint-Nicolas », saint patron des mariniers dans toute l’Europe jusqu’au Moyen-Orient.

Quant à Saint-Adjutor, présent en notre église, on rapporte qu’il était le  » Fils du seigneur de Vernon, et jeune encore, Adjutor partit pour la Première Croisade. Il fut fait prisonnier près de Jérusalem, il resta fidèle à sa foi malgré les tortures. De retour en France, il prit l’habit monastique à l’abbaye de Thiron (Eure et Loire). Ensuite, il demanda à vivre la vie érémitique dans un petit ermitage près de Vernon. Il est invoqué comme patron de la navigation fluviale. »

L’histoire de Poses au travers un vitrail de l’église Saint-Quentin : Dans la nef, la baie à gauche est ornée d’un vitrail dédié à Saint-Adjutor créé et installé au début des années 1950. Pourquoi la présence d’un saint somme toute peu connu en notre église ?
Saint-Adjutor, fils de Jean de Vernon et de Rosemonde de Blaru, fut considéré pendant le moyen-âge et jusqu’à nos jours comme le patron des mariniers, du moins dans dans la région de Vernon pour la raison suivante.
Etant revenu de la 1ère croisade à la fin du XIe siècle, il fonda le prieuré à la Madeleine, commune de Pressagny-l’Orgueilleux. Pris de commisération pour les mariniers qui se plaignaient amèrement d’un gouffre situé en Seine en face de son prieuré dont les tourbillons faisaient chavirer leurs embarcations, il mit fin à cette calamité en jetant dans ce gouffre les chaines qui l’avaient tenu attaché lors de sa captivité par les infidèles… et immédiatement tout danger cessa. Telle est la tradition… Saint-Adjutor mourut le 30 avril 1131 et fut enterré dans la chapelle de son prieuré.

NB : On localise le gouffre face au prieuré au lieu-dit des « Bouches Manon », à rapprocher des Bosses de Manon. ce sont des hauts fonds formés par des dépôts calcaires dus à des sources souterraines, et de forme conique ou hémisphérique. Véritables barrages dans le lit du fleuve, ils provoquent des tourbillons, cause de nombreux naufrages. Adjutor accompagné de Hugues III, Evêque de Rouen, montèrent dans une barque au milieu du fleuve où eu lieu une bénédiction et où fut jetée une partie des chaînes.

Après destruction des vitraux de la nef côté ouest en 1944 et grâce aux dommages de guerre, on put refaire 3 vitraux.
On doit à Monsieur Courtois, Maire, à Marcel Niquet peintre posien et au maître verrier Bariller, l’idée et la reconstruction de vitrail dédié à ce protecteur des mariniers. Allez dans votre église et observez ce vitrail : vous pourrez y reconnaître Saint-Adjutor ceint d’une grosse chaîne, un remorqueur, un chaland, le barrage et la côte des Deux-Amants… un vitrail typiquement posien en quelque sorte.
PI : On doit ces récits aux renseignements de Maurice Courtois tels que relatés dans l’Echo des Ruelles d’octobre 1979.

Vue du vitrail de Saint-Adjutor de la nef de l’église Saint-Quentin

Bas-relief du XVIIe siècle Saint-Adjutor jette ses chaînes dans la Seine à Vernon
(source : le Démocrate Vernonais)

Le christ à l’extrémité de la nef est placé sur une croix se terminant par une ancre de marine. Le christ en croix, statue de poutre de gloire en bois polychrome date du XVIIe siècle (art populaire).

Christ en croix sur ancre de marine de l’église Saint-Quentin

L’église comporte une chapelle dédiée aux Mariniers et des ex-votos voués à la batellerie l’ornent.

Dans la chapelle des mariniers, existe une maquette du remorqueur « le Valmy ». Ce bateau est un remorqueur de la Compagnie Générale de Navigation « HPLM », rappelant le temps des capitaines posiens. Cette maquette faut construite en 1950 par Albert GUERARD, dit « le Gaulois », et capitaine posien de remorqueur.

Source : https://www.ex-voto-marins.net/pages/lieupage27Poses.htm

Source : http://vagus-vagrant.fr (remorqueur à vapeur construit en 1888)

La nef est en forme de charpente de bateau retournée. La-dite chapelle des mariniers comporte sur ses murs extérieurs des graphittis (datant du XVIe siècle) représentant des bateaux, des gravures de besognes, bateaux les plus anciens connus qui étaient hâlés sur le fleuve.

Graphittis de besognes sur le mur extérieur de la chapelle des mariniers de l’église Saint-Quentin

Les cloches de l’église

Le 28 juin 1885, à l’occasion de la fête annuelle, la Saint-Quentin, trois nouvelles cloches sorties des ateliers Crouzet-Hildebrand, ancienne maison de Louviers, furent inaugurées en grandes pompes.

Ces cloches, toujours existantes aujourd’hui, baptisées « Clarisse, Sophie », « Andrée-Henriette » et « Lucie-Jeanne » avaient pour parrains et marraines les personnalités suivantes : Madame Olympe LAVALLARD et Madame Veuve Alfred GRIMAUD, Monsieur Charles PICHON représentant son père le Baron Théodore PICHON et Mademoiselle Jeanne PICHON représentant sa tante Madame PELISSIER de RAYNAUD, Monsieur Ferdinand CROUZET et Madame SEGUIER représentant Madame Lucie CROUZET.

L’une d’entre elles est frappée d’une ancre de marine.

L’office mené par le curé de Léry, délégué par Monsieur l’Archevêque d’Evreux, animé par la musique de la fanfare de Léry, était suivi par une assistance nombreuse dont Monsieur SEGUIER, Maire de Poses, Monsieur le Curé de Poses, Monsieur MORLET trésorier de la Fabrique et Monsieur Raoul DUVAL Député.

Les fiefs de la paroisse de Poses

NB : extrait H Labrouche « Des origines de Poses des origines jusqu’à la IIIe République », Cahier d’Histoire Locale.

A partir de la fin du Haut Moyen Age (IXe, Xe siècles) la paroisse était divisée en 4 fiefs.
Le fief de Saint-Ouen appartenait à l’abbaye Saint-Ouen de Rouen à laquelle le Roi Charles le Chauve l’avait donné en 876, propriété qui demeura jusqu’à la Révolution.
L’abbaye de Fécamp parait avoir cédé à Saint-Ouen le droit de présentation à la cure de l’église de Poses, parfois on attribue à Richard Cœur de Lion fin XIIe siècle ce don de l’église de Saint-Quentin à l’abbaye de Saint-Ouen.

Le fief de l’eau donné à l’abbaye de Bonport (création en 1190) par Richard Cœur de Lion en 1195 :

  • moulins à eau et ses dépendances,
  • pêcheries,
  • usage de l’eau de Seine (commerce),

et cela jusqu’à la Révolution.

Le fief du pavillon, plein fief de haubert (de nature militaire) appartenait à l’Evêque de Lisieux, Seigneur du fief. Ce fief est évoqué dans les textes en 1382, 1659, en 1766 Henri le Daim, bailli d’Igoville, était le Sénéchal du fief.
Le fief du Mesnil : En 1684, le Mesnil appartenait aux héritiers de Georges Legrand, sieur du Mesnil, lieutenant général au baillage de Pont de l’Arche.
Où étaient situés ces fiefs ? Quelles en étaient leurs importances, leurs surfaces ?
Si le fief de l’eau ne souffre pas d’ambigüité … pour les autres on ne connait rien : c’est le cas du fief de Saint-Ouen probablement le plus important. Quant au fief du Pavillon se situait-il au « Bout de Bas » comme le laisse supposer un endroit, une maison près d’une ferme, que les anciens appelaient le pavillon ?

Brèves de Poses des registres paroissiaux 1695 – 1789

Quelques anecdotes rédigées à partir du registre des Baptêmes, Mariages et Sépultures de la paroisse de Poses, mis en ligne par les Archives Départementales de l’Eure : chroniques dures souvent, cocasses des fois….Brèves de Poses 1695-1789.

Brèves de Poses-1695-1789 à télécharger

Emplacement 61 chemin de halage - 27740 Poses Téléphone Réservations au 07 85 65 77 58 ou 02 32 61 02 13 E-mail batelleriedeposes@gmail.com Heures Ouvert du 1er mars au 31 octobre du mardi au samedi de 14h00 à 18h00. Sur réservation pour les groupes de plus de 10 personnes du 1er mars au 31 octobre. Nous contacter pour plus de renseignements. Copyright © 2019 - Association des Anciens et Amis de la Batellerie
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