Lors de la création des premiers barrages sur la Seine, aux alentours de 1850 avec 11 ouvrages (barrage et écluses) bâtis entre Rouen et Paris, une habitation des barragistes au plus près des ouvrages était systématiquement construite.
C’est ainsi le cas de la maison des barragiste du Mesnil en rive gauche, au droit du barrage dit d’Anet de l’époque, premier barrage à Poses : cet ouvrage était composé d’un déversoir dans le bras de l’Ile du Trait, d’un barrage à aiguilles couplé à un déversoir sur le cours principal, et d’un chenal menant du site des écluses actuelles. L’illustration suivante montre le barrage à aiguille de Martot, auquel ressemblait celui de Poses de 1850.

L’habitation des barragistes comportait trois logements, celui de l’ingénieur en chef, et ceux de deux techniciens. Un modèle analogue à ce bâtiment a été systématiquement construit au droit des 9 ouvrages bâtis sur la Seine : barrage de Martot (aujourd’hui disparu), barrage de Notre-Dame-de-la-Garenne, Barrage de Port-Villez (aujourd’hui disparu), Barrage de Méricourt…

Plus tard, avec l’érection du nouveau barrage de Poses en 1885, une nouvelle maison des barragiste fut bâtie en amont immédiat du barrage. Elle accueillait les logements de l’ingénieur et de deux techniciens/éclusiers. Elle perdura jusqu’à la création de la centrale hydroélectrique avec la création du canal d’amenée à la centrale (1990).
En face de cette maison, existait un limnigraphe, enregistrant en permanence les hauteurs d’eau, dont les techniciens en déduisaient les débits. Il était équipé d’une petite passerelle, et l’on apercevait au travers les vitres, les rouleaux où s’inscrivaient à l’encre les niveaux et leurs fluctuations. Cet équipement fut reconstruit sur la rive opposée en amont du barrage et de la passe à poissons après la création de la centrale.

