Des lieux posiens « singuliers » !

Bien des lieux de notre village rappellent des moments qui ont marqué la vie des habitants et de nos amis notamment mariniers. En voici quelques uns : la rubrique méritera au coup sûr d’être enrichie de vos contributions, mais nous espérons qu’elle vous apportera quelques souvenirs qui vous parlent !

L’église Saint-Quentin

L’église de Poses a été bâtie en arrière du village dont elle est isolée. Elle est placée sur le point culminant de la commune, à l’abris des inondations du fleuve. Loin du village, entourée de quelques maisons du quartier de la Vigne, elle s’érigeait à la lisière des bois de la Plaine de Poses. Et pour se rendre à l’église, les habitants du Bout-de-Bas, du centre du village empruntaient « la Grand Voie », actuelle rue des Ecoles, chemin herbeux et plein d’ornières, et fort loin, se profilait l’église aux confins des bois et de la plaine. Elle inscrite au titre des Monuments Historiques en vertu de sa richesse patrimoniale.

Vue aérienne de l’Eglise Saint-Quentin de Poses- carte postale (Archives H Labrouche)

Edifiée sans doute à l’emplacement d’une chapelle plus ancienne, l’église Saint-Quentin témoigne de la longue tradition batelière du village dont l’origine remonte au moins à l’an 700.

Pour mieux la découvrir, cliqueur ici : l’église Saint-Quentin

Notre-Dame-des-Flots

Près de la cale du bac, en bord de Seine, en 1897 fut érigée une statue dédiée à Notre-Dame-des-Flots. Sa présence en bord de Seine ici n’est pas un hasard, et l’on relate qu’elle était placée pour recevoir les offrandes et les prières des bateliers ayant franchi le pertuis, et remercier « les cieux » pour la réussite de leur épreuve, et et elle se devait protéger les mariniers des dangers dûs aux crues du fleuve

Sur le piédestal, les mariniers firent graver : « Ils m’ont placée là pour être leur gardienne… ». En 1897, et après une grandiose cérémonie à l‘église, une procession emmena la statue, dressée dans une barque que portaient des mariniers, vers la place du bac où elle fut donc érigée. Et lors des processions, telle la fête Dieu, Notre-Dame-des-Flots était une étape obligée, autel dressé chargé de fleurs et lieu de prière collective. Elle sera détruite lors de bombardements de 1944 et sera reconstruite en son lieu et inaugurée le 15 août 1945.

Notre-Dame-des-Flots au début XXe– carte postale
(Archives H Labrouche)

On se souviendra des anciens du pays, passant en vélo ou en mobylette, se signant en passant devant…

Après sa reconstruction, une verrière fut bâtie par les dons de croyants du village, verrière sur laquelle le lierre a pris son essort.

Notre-Dame-des-Flots dans sa « corbeille » de lierre (source : OT Seine Eure)

Le « passage dangereux »

D’aucun, posien plus sûrement, a connu ce « passage dit dangereux », et pour cause… Jusqu’à la fin des années 1970 , le chemin de halage près de la pisciculture de Monsieur Tanier à l’époque et notre dernier pêcheur professionnel posien en Seine, aux abords de la place de la République, était réduit à un sentier avec une berge abrupte. Les parents n’aimaient nous savoir passer par là notamment en vélo pendant l’hiver… et la crue. Et pourtant, combien de fois y sommes nous passés ? La commune prendra à sa charge à la fin des années 1970, l’aménagement et l’élargissement du chemin de halage à cet endroit avec la réalisation d’un quai qui sera interdit au passage des véhicules les premières années.

Photo du « passage dangereux » dans les années 1970 (Archives H Labrouche)

Plus tôt, le passage ressemblait à cela ! Avec la villa dite du « Clair Batard« , hôtel-restaurant « le Normandy » un temps, avec le passage « dangereux » sur la berge.

Villa du Clair Batard – carte postale (Archives H Labrouche)
Cour intérieure de la villa du Clair Bâtard – carte postale (Archives H Labrouche)

Retrouvez par le présent lien un film de scènes de vie à l’Hôtel Normandy (source : Normandie Images – Mémoire normande – film de Odette & Jean BETRANCOURT de 1947).

La propriété mitoyenne en aval était celle du pêcheur professionnel en Seine, Monsieur Tanier.

Et plus avant, c’était ainsi.

Carte postale (Archives H Labrouche)

Le « Dancing de l’Ecluse »

Le café bar du bac sur le chemin du halage est connu depuis le début du XXe siècle : c’était un lieu de rencontre et d’attente du bac et du passeur tout près, et un lieu pour y passer de bons moments les dimanches.

Etablissements Bertaults (cale du bac) – carte postale (Archives H Labrouche)

Il a été aussi le cinéma du village, des anciens du village ont vu sur l’écran (qui est conservé par la commune – Don de M. Féret propriétaire actuel), « Tarzan » avec Johnny Weissmuller dans les années d’après-guerre. Il sera par la suite un dancing. Les Américains étaient alors là et le seront jusqu’à la fin des années 1960 à la base d’Evreux, et c’était devenu le rendez-vous prisé des soldats qui venaient se distraire. Des jazz-men venaient animer les soirées comme en témoigne la publicité suivante des années 1960. Après le départ des Américains, le lieu restera une boite de nuit jusqu’à la fin des années 1970.

Le « Pont du Mesnil »

L’exploitation des carrières dans la plaine de Poses a débuté dans les années avant-guerre, dans les années 30 : à cette époque, les granulats étaient chargés sur les bateaux par des wagonnets depuis la plaine jusqu’au site de chargement près de la passe marinière actuelle marquant la limite entre Poses et Tournedos. C’était ainsi :

Opération de chargement de sable dans un bateau dans les années 30

Un peu après guerre, la passe marinière sera créée et un pont levant sera bâti. Il fallait alors attendre son moment pour la traverser en direction de Saint-Pierre-du-Vauvray, que l’on rejoignait à l’époque assez fréquemment pour rejoindre sa gare (Val de Reuil n’existait pas)… Le lieu était aussi un site d’escale pour les mariniers en attente de charger et le « Café du Pont » permettait de passer le temps, de boire un verre, de faire le plein et de « faire quelques commissions ». Plus tard (entre 1969 et 1971), le pont levant, dit « Bourdeaux » (carrier de l’époque) sera remplacé par le pont que l’on connait. La bâtisse du café existe toujours…

La carte postale suivante montre le café du pont et le « fameux pont » en arrière-plan : le tablier se levait à l’horizontal entre les 4 piliers pour permettre le passage des bateaux par la passe marinière !

Carte postale du café du pont et le pont du Mesnil
Photo du « pont Bourdeaux »(don de Gladys Salm)

Photo – Pont « Bourdeaux » et passe marinière (coll. particulière)

Ce sera aussi le « Café de la Marine » !

Carte postale -le Café de la Marine

Il y avait souvent affluence de bateaux en attente de chargement et chargés dans la passe marinière comme en témoigne cette photographie de 1964.

La Colombière

Avec l’arrivée des carrières en eau, les pêcheurs fréquentèrent rapidement les plans d’eau, qui en communiquant avec la Seine étaient riches notamment en carnassiers.

Dans les années 1970, l’Hôtel de la Colombière situé à l’extrémité de la rue des sablons s’installa. C’était un grand bâtiment en bord d’étang, où les pêcheurs trouvaient lit, repas et loisirs. Le comblement de cette parties carrières dans les années 1980 (?) cernant l’hôtel marqua la fin de l’activité.

La Colombière – carte postale (Archives H Labrouche)
Publicité d’époque – Archive association
Situation de l’Hôtel de la Colombière (fond IGN1972)

Au-delà de la Colombière, la rue des sablons se prolongeait vers les actuels étangs, et vers un lieu-dit que les posiens appelaient les « dunes« : Monceaux de sables fins, issus des carrières le plus probablement, et où proliféraient les lapins de garenne, et donc c’était une terre de chasse prisée. C’était aussi un terrain de jeu pour les enfants du village.

Le moulin à Vent

Un lieu-dit du village, désormais situé sur la commune de Val-de-Reuil, se trouve au milieu de la plaine de Poses, et maintenant au milieu de l’étang du Mesnil. Une rue du Village porte d’ailleurs sont nom, en partant depuis le carrefour entre la rue du Roussillon et la rue de l’Ecole. A l’origine, (avant les carrières), le chemin traversait les bois de Poses pour rejoindre le site du Moulin à Vent et se prénommait alors chemin communal du Vaudreuil à Poses, au carrefour avec le chemin de Léry au Mesnil.

Nul ne sait s’il y eut un moulin à vent ici, site d’ailleurs peu propice à un tel édifice, davantage placés sur les plateaux, et alors que la Seine apportait son énergie aux moulins à eau (moulins flottants à Poses dont 3 sont connus ici).

Plan de la Plaine de Poses – extrait de plan env. début XIXe

Cette ferme disposait d’un très belle bâtisse, de pierres de taille, à fenêtres à moneaux, des vitraux, une cheminée monumentale, des bâtiments agricoles et une petite habitation. Expropriée, l’ensemble dont les environs furent dragués par les carriers se présentait comme une presque île, et accueillait des activités nautiques (dont le club de l’AONES) où des ados posiens faisaient de la voile.

Ferme du Moulin à Vent dans les années 1970-80

L’ensemble pillé, à l’abandon, fut totalement rasé, et dragué à nouveau pour former une île.

La plage de Poses

La plage de Poses se découvre au grès des marées. Jusque dans les années 1990, elle s’étendait depuis l’emplacement actuel de la cale de mise à l’eau pour les secours à l’extrémité du canal de fuite de la centrale hydroélectrique, et l’été, quand les débits étaient faibles, à marée basse, de grandes étendues de sables et graviers voyaient arriver quelques baigneurs.

Baigneurs posiens en 1942
(collection particulière)

Gamin , dans les années 1970, c’était aussi un endroit de découverte où l’on allait chercher quelques « trésors » apportés par les flots (ballons, balles, bois flottés…).

Avec la création de la centrale hydroélectrique en 1990, un important enrochement fut mis en place pour prévenir les effets importants de l’érosion sur les propriétés riveraines.

Vue de la plage vers l’aval en 2002 à marée basse
(Photo G Labrouche)

Vue de la plage en 2006 à marée basse (Photo G Labrouche)

« L’Arbre déraciné » : arbre que les posiens ont bien connu pour la plus part, frêne sur la plage de Poses dont les racines lavées par les crues lui donnaient un aspect incomparable. C’était un terrain de jeux incomparable pour les enfants. Les racines coupées progressivement par des « crétins », la mise à feu de son fût… ont causé sa perte. L’arbre disparaîtra dans les années 2000.

Vue de « l’arbre déraciné » (Photo G Labrouche 2006)

« Villas posiennes »

Depuis le milieu du XIXe siècle, Poses est devenu un lieu de villégiature où de nombreuses résidences secondaires virent le jour, généralement en bord de Seine et cossues. Souvent par des Rouennais aisés ou Parisiens plus rarement, de belle demeures étaient occupées régulièrement pendant la saison les week-ends. Beaucoup de ces maisons disposaient de barques, ou autres canots pour jouir des plaisirs nautique de la Seine (canotage, voile, ski nautique plus tard…). Jusque dans les années 1960, un quart des habitations posiennes (121 sur 470) était des résidences secondaires (Elles ne représentent plus que 11 % du parc de logements aujourd’hui, beaucoup d’entre elles ayant été reconverties en résidences principales).

Ces habitations existent encore, mais leurs noms ont souvent disparu au fil du temps. On se souvient :

  • Potamot, face à la cale du bac, résidence secondaire d’un dentiste rouennais (tué en aout 1944) où il officiait le week-end pour les Posiens,
  • Le Triolet, sur la place de la République,
  • La Gabare, auprès de l’Auberge du Halage,
  • La Jeannette, auprès de l’Auberge du Halage, habitation du Chef d’orchestre Lebot à l’époque,
  • La Roseraie, au bord du chemin de halage,
  • Le Clos, au bord de la Seine,
  • Les Platanes, rue des masures,
  • Le Clair Bâtard, à l’extrémité du chemin de halage en arrivant vers la place de la République,
  • L’Oiserol (rue de Lorraine),
  • La Posette (Mesnil de Poses),
  • Le Martin Pêcheur, rue des masures près de l’ancienne ferme Anseaume,

La maison des barragistes

Lors de la création des premiers barrages sur la Seine, aux alentours de 1850 avec 11 ouvrages (barrage et écluses) bâtis entre Rouen et Paris, une habitation des barragistes au plus près des ouvrages était systématiquement construite.

C’est ainsi le cas de la maison des barragiste du Mesnil en rive gauche, au droit du barrage dit d’Anet de l’époque, premier barrage à Poses : cet ouvrage était composé d’un déversoir dans le bras de l’Ile du Trait, d’un barrage à aiguilles couplé à un déversoir sur le cours principal, et d’un chenal menant du site des écluses actuelles. L’illustration suivante montre le barrage à aiguille de Martot, auquel ressemblait celui de Poses de 1850.

Barrage à aiguilles de Martot – carte postale (Archives H Labrouche)

L’habitation des barragistes comportait trois logements, celui de l’ingénieur en chef, et ceux de deux techniciens. Un modèle analogue à ce bâtiment a été systématiquement construit au droit des 9 ouvrages bâtis sur la Seine : barrage de Martot (aujourd’hui disparu), barrage de Notre-Dame-de-la-Garenne, Barrage de Port-Villez (aujourd’hui disparu), Barrage de Méricourt…

Maison des barragistes du Mesnil de Poses

Plus tard, avec l’érection du nouveau barrage de Poses en 1885, une nouvelle maison des barragiste fut bâtie en amont immédiat du barrage. Elle accueillait les logements de l’ingénieur et de deux techniciens/éclusiers. Elle perdura jusqu’à la création de la centrale hydroélectrique avec la création du canal d’amenée à la centrale (1990).

En face de cette maison, existait un limnigraphe, enregistrant en permanence les hauteurs d’eau, dont les techniciens en déduisaient les débits. Il était équipé d’une petite passerelle, et l’on apercevait au travers ls vitres, les rouleaux où l’inscrivaient à l’encre les niveaux et leurs fluctuations. Cet équipement fut reconstruit sur la rive opposée en amont du barrage et de la passe à poissons après la création de la centrale.

Maison des Barragistes – carte postale (Archives H Labrouche)
Emplacement 61 chemin de halage - 27740 Poses Téléphone Réservations au 07 85 65 77 58 ou 02 32 61 02 13 E-mail batelleriedeposes@gmail.com Heures Ouvert du 1er mars au 31 octobre du mardi au samedi de 14h00 à 18h00. Sur réservation pour les groupes de plus de 10 personnes du 1er mars au 31 octobre. Nous contacter pour plus de renseignements. Copyright © 2019 - Association des Anciens et Amis de la Batellerie
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